Echec et

Général | samaingw | 08/04/2018 | 1 commentaires

Mat

Dans nos rêves et nos coeurs il est censé tout y avoir, pourtant

De mes rêves et mon coeur je ne retrouve plus le fil.

Qu'est-ce qui a changé en moi ?

Que ne suis-je plus capable de recevoir ?

J'ai accepté d'être gentil et con.

J'ai accepté de ne rien en dire quand je touchais le fond.

Et aujourd'hui encore je tolère cela ...

On a voulu m'élever. On a voulu me faire miroiter le ciel.

À quoi bon ? Je n'aurais pu en profiter,

Esseulé de la présence dont je n'arrive pas à me passer.

De mes rêves et mon coeur je ne retrouve plus le fil.

Ne me reste plus que ma fidèle exigence.

Me tenir debout, agir avec décence.

Cela ne m'empêche pas de sentir le goût de l'échec,

de mon passé n'en retirer que de l'inachevé,

de mes assos n'en garder qu'un triste dégoût de la fédé.

Je ne peux plus me retourner sur une affiche,

sans me rappeler une énième association en friche.

Je ne peux plus aller à un évent étudiant,

sans revoir les conflits de personne sur lesquels je me suis cassé les dents.

Aujourd'hui je formule un souhait: celui de démissioner, de ma cotisation BDE me retirer.

L'on me demande des explications.

À d'autres !

Ce n'est pas de moi vers la fédé qu'il faut rendre les comptes.

J'ai prêté du temps, de l'énergie, de l'humour,

du professionalisme, de la diplomatie, de l'élégance.

Je n'espérais qu'une forme de respect.

Même à ça la fédé a échoué.

Aujourd'hui je sors de la cave des névrosés

et ce faisant l'on s'étonne que je ne souhaite plus m'engager.

C'est qu'il y a une absence que j'ai accepté de voir,

et une médiocrité avec laquelle je refuse d'avoir de bonnes relations.

Je suis triste.

Triste pour ces centaines qui se voient en milliers,

Ces cotisants même pas un tier des étudiants UTC,

Cette normalisation de l'associatif cool,

Cette inconséquence tuant l'âme d'une fédé.

Une fédé, c'est une voix. Ce n'est pas une voie.

Une fédé A UNE POLITIQUE.

Pas parce qu'elle est vendue à l'UNEF ou à l'UNI.

Elle en a une parce qu'elle n'a pas le choix.

Sinon, comment être crédible en tant qu'entité structurante ?

Comment être visible de ses membres si aucune vision n'est créée ?

J'ai accepté d'être gentil et con.

J'ai accepté la médiocrité.

Mais parfois, j'ai essayé de la changer.

Par deux fois les listes BDE ont été bousculées.

Par deux fois à cette surprise j'ai participé:

Témoin discret mais présent des événements,

je porte aujourd'hui une mémoire dont personne ne veut,

la garder est un poids de plomb, et nul alchimiste n'y verra rien.

J'ai accepté de crever avec ce putain de poids.

Et l'on s'étonne de mon retrait,

alors que de mes expériences personne ne voudra.

Pour beaucoup, j'ai été un rire.

Hyperbolique, s'envolant dans les étages.

Un son étrange claquant de manière répétitique.

J'envie ceux qui d'une personne sont capables de ne retenir que cela.

Néanmoins, toute personne tend à l'équilibre.

Il est étrange que personne n'ai réellement compris que derrière ces raffales pantagruéliques,

se cachaient les pleurs déjà secs d'une incompréhension terrible.

Qu'est-ce qui a changé en moi ?

Que ne suis-je plus capable de recevoir ?

Assurément la vue de ces engagés de la déprime.

Ces êtres s'oubliant dans la stimulation associative.

Ces hommes et ces femmes qui partagent une caractéristique:

ils sont tous COLLECTIVEMENT SEULS.

Rien ne peut les en sortir sinon eux-mêmes,

Ce à quoi ils se refusent car dans la souffrance on peut se complaire.

Me tenir debout, agir avec décence.

Cela ne m'empêche pas de sentir le goût de l'échec.

Échec du système associatif d'aider ses membres les plus blessés.

Échec des individus à agir avec responsabilités.

Échec du BDE d'avoir un intérêt.

Échec de la fédé à ne pas violenter.

J'en suis triste.

J'ai accepté de ne rien en dire quand je touchais le fond.

Et aujourd'hui encore je tolère cela ...

Par espoir. Vain, mais présent.

Espoir déraisonnable qu'un jour les choses changent.

En racontant ce genre de choses je ne peux que générer de l'incompréhension.

Seul dans mes souvenirs je sors de la cave des névrosés: j'ai accepté la lucidité.

Ne me reste plus que ma fidèle exigence,

qui a la question "Est-ce que tu vas bien ?" me rend difficile la réponse honnête.

Car comment expliquer que

Dans nos rêves et nos coeurs il est censé tout y avoir, pourtant

De mes rêves et mon coeur je ne retrouve plus le fil.

1 commentaires :

Sofil 09/04/2018 à 16h02

Très beau texte. Triste aussi... Courage à toi, j'espère qu'écrire sur notre site t'aura permis de retrouver ton Fil :) La bise ;)


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