CORPS ENTERPRISE : Épisode 8

387 / Au Fil de l'Histoire | Wolvi | 03/04/2018 | 0 commentaires

La maison était aussi imposante que dans ses souvenirs. Elle ressemblait aux villas que l’on voit sur les cartes postales avec en arrière-plan une mer scintillante et paisible. Sauf que dans ce cas-là, il n’y avait pas la plage à côté, le ciel était gris et les souvenirs, mauvais. Andréa inspira un grand coup et s’ébroua. Ce n’était pas le moment de s’apitoyer sur son sort, elle n’en avait pas le temps. Elle monta précautionneusement les marches qui menaient au perron. Ses pieds la faisaient encore souffrir, elle allait devoir s’en occuper au plus vite. Arrivée devant la porte en bois massif, elle hésita. Cela faisait des années qu’elle n’avait plus vu sa tante. Elle se rappelait comment la joie de voir son oncle s’accompagnait à tous les coups du désagrément de devoir supporter sa femme. Elle n’avait jamais compris pourquoi son oncle s’était retrouvé marié avec quelqu’un au tempérament si différent du sien.

Elle surmonta son appréhension et appuya sur la sonnette. A l’intérieur, elle entendit des pas descendre les escaliers et se diriger vers la porte. Une jeune femme aux cheveux blonds platine apparut dans l’embrasure de la porte. Son sourire se figea quand elle posa le regard sur Andréa.

-Qu’est que tu fais ici ?, demanda-t-elle froidement, avec un léger accent britannique.

-Moi aussi ça fait plaisir de te voir Annie, rétorqua la jeune fille. Bon écoute, j’avais pas le choix, j’ai vraiment besoin de ton aide.

Sa tante fit la moue, mais finit par s’écarter de la porte. Andréa la suivit à l’intérieur de la salle de séjour puis dans la cuisine. En regardant autour d’elle, elle ne put s’empêcher de ressentir une certaine nostalgie pour la belle époque. Elle avait passé tellement de bons moments ici, ce qui rendait encore plus douloureux son sentiment de perte. Elle se tourna vers sa tante qui lui tendait un verre d’eau. Cette dernière se posta alors face à elle, les bras croisés et le regard inquisiteur.

-Alors, qu’est-ce que tu veux au juste ?, lança Annie.

-Désolé de te déranger, mais c’est un cas d’extrême urgence, comme tu peux le voir, répondit-elle en écartant les bras.

-Oui en effet, son regard se posa sur ses pieds et son expression s’adoucit légèrement. Il faut désinfecter ça.

Andréa s’assit péniblement sur une chaise haute pendant que sa tante allait chercher la trousse de secours. Une fois revenue, celle-ci commença à nettoyer les plaies et à mettre du sparadrap sur les coupures.

-Dans quoi est-ce que tu t’es encore fourré Andréa ?

-Écoute, je ne cherche pas les ennuis, c’est eux qui ont une fâcheuse tendance à me trouver.

-N’esquive pas la question : ça a un rapport avec ton oncle, n’est-ce pas ?, enchaîna Annie avec un regard lourd de sous-entendus.

La jeune fille baissa les yeux. Elle n’aimait pas aborder ce sujet, pourtant dans ce cas elle n’allait pas pouvoir échapper à sa tante aussi facilement.

-Oui, avoua-t-elle de mauvaise grâce, ça a un rapport avec sa société. Il y a environ un mois, un de ses associés est venu chez moi, en France, pour me dire qu’il avait des informations sur la disparition de Tony. Il m’a demandé de le suivre dans sa voiture mais au moment de rentrer dedans, un homme a surgi de nulle part et m’a injecté quelque chose dans le bras. Après ça, c’est le vide. Je me suis réveillée dans les sous-sols de l’entreprise de Tony et je n’ai réussi à m’échapper qu’hier matin.

Andréa regarda avec appréhension sa tante, guettant sa réaction. Cette dernière semblait trop sous le choc pour pouvoir dire un mot. Toute la réserve qu’elle avait eu jusqu’à cet instant sembla s’évanouir, et elle prit sa nièce dans ses bras.

-Mon dieu Andréa ! C’est horrible !, s’écria-t-elle en sanglot.

-Annie calme toi ! Ce n’est pas fini, je dois découvrir de quoi il en retourne. Peut-être qu’il s’agit de ma seule chance de retrouve mon oncle. C’est pour cela aussi que je suis venue…j’aimerais que tu me laisse fouiller dans le bureau de Tony.

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